Thérapie douce

Le téléphone hoqueta dans le silence fragile du bureau. Un automatisme sans méfiance me fit décrocher avant même la première sonnerie.
La voix masculine qui demanda mon nom m’était tout à fait inconnue.
« Bonjour, enchaîna-t-elle. Je suis Gabriel A…, chargé de mission à l’Office pour l’Exploration Interne Ludique. Je recherche un spécialiste des rencontres humaines chaotiques, et l’on m’a parlé de vous. Pouvons-nous nous rencontrer ? »
Je n’allais pas refuser une occasion d’en savoir un peu plus sur les mystérieuse activité de l’OEIL ! Et puis la voix était chaude. Prometteuse. J’acceptai donc et proposai une rencontre le soir même.
« Disons à 19 heures, fit la voix. Le centre-ville vous convient ? Au bar du Boulimique. J’aurai un imper gris. »
A l’heure dite, j’entrai dans le bar, le ventre un peu noué. Pas d’imperméable. Quelques gros messieurs fatigués accompagnés de créatures voyantes, de jeunes Hardos arborant leurs cicatrices sanglantes. Restait un homme seul à une table, en pull-over vert, dont les yeux me souriaient déjà.